par Octavio Jones
La police de Floride enquête sur un acte de vandalisme commis dans un cimetière historique afro-américain, où les noms "Trump" et "DeSantis" ont été tagués en lettres rouges sur des tombes, en référence au président américain et au gouverneur républicain de l'Etat, Ron DeSantis.
Au total, 17 tombes ont été endommagées et des pierres tombales renversées dans l'enceinte du cimetière Old Memphis, à Palmetto, une ville située à environ 50 km au sud de Tampa, sur la côte ouest de la Floride, a indiqué mardi dans un communiqué le bureau du shérif du comté de Manatee.
Les enquêteurs pensent que les dégradations ont été commises au cours des dernières semaines. Aucune arrestation n'est intervenue à ce jour.
Glenn Searls, 77 ans, confiait jeudi son "extrême colère". Des membres de sa famille et d'autres personnes de sa connaissance sont enterrés à Old Memphis, créé en 1904 pour les résidents noirs du quartier de Memphis à Palmetto.
"Quand on voit les noms "DeSantis" et "Trump" tagués sur un caveau, on se demande si c'est motivé par des raisons politiques, et j'ai tendance à penser que c'est le cas", dit-il.
La pierre tombale du père d'Edrena Love Freeman, un vétéran de la Seconde Guerre mondiale décédé en 1970, a été déplacée.
"J’ai juste trouvé ça diabolique, ce n’est tout simplement pas normal", confie-t-elle.
Le porte-parole de la Maison blanche, Davis Ingle, a dénoncé dans un communiqué un acte "répugnant".
"Quiconque se livre à ce comportement répugnant doit être condamné dans les termes les plus sévères possibles", déclare-t-il.
Le bureau du gouverneur de Floride Ron DeSantis, proche de Donald Trump, n'a pas répondu dans l'immédiat à une demande de commentaire.
Cet acte de vandalisme se produit dans un climat politique polarisé à l’approche des élections de mi-mandat de novembre, avec une administration fédérale engagée depuis l'accession de Donald Trump au pouvoir dans le démantèlement méthodique des politiques en faveur de la diversité, de l’équité et de l’inclusion.
La question raciale est devenue un enjeu majeur alors que les États du Sud dirigés par les républicains se lancent dans une vague de redécoupages électoraux susceptible de priver les démocrates noirs de leurs sièges.
(Reportage par Octavio Jones à Palmetto en Floride, rédaction complémentaire par Andrew Hay; Version française Rihab Latrache, édité par Sophie Louet)

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